Se voir le plus possible et s’aimer seulement – Alfred de Musset

Sonnet : Se voir le plus possible…

Se voir le plus possible et s’aimer seulement,
Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,
Sans qu’un désir nous trompe, ou qu’un remords nous ronge,
Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ;

Respecter sa pensée aussi loin qu’on y plonge,
Faire de son amour un jour au lieu d’un songe,
Et dans cette clarté respirer librement –
Ainsi respirait Laure et chantait son amant.

Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,
C’est vous, la tête en fleurs, qu’on croirait sans souci,
C’est vous qui me disiez qu’il faut aimer ainsi.

Et c’est moi, vieil enfant du doute et du blasphème,
Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :
Oui, l’on vit autrement, mais c’est ainsi qu’on aime.

Douceur d’un témoignage – Merci Patrick !

Didier, un petit poème pour ta douce

« Ce soir J’ai regardé vers ma petite étoile qui m’indiquait l’endroit où tu te reposais mon cœur gonflé d’amour, d’émotion et de gloire
Car il voulait te dire tout simplement qu’il t’aimait.
Oh! je n’y suis pour rien,

C’est lui le « canaillou » qui me pousse la main pour être à tes genoux.
Ne crois-tu pas chérie qu’il mériterait parfois
Qu’une de tes pensées vienne gonfler sa foi.
Merci petite étoile de m’avoir bien montré
La maison de l’amour ou dort mon adorée. »

Patrick Maurin

Éloge funèbre à mon épouse partie …

Je pense pouvoir parler au nom de Sylvie en vous remerciant pour l’amitié que vous nous faites d’être là, pour le courage à participer à cet au-revoir.

Il conviendrait peut-être mieux ici de parler d’Adieu, mais Sylvie comme moi-même n’avons jamais  eu la maladresse d’imposer  ce qui pour nous était devenu une certitude à force de doutes et d’épreuves qui toujours nous renforcèrent dans cette idée sublime d’une autre grandeur promise au genre humain.

Je suis sensé avoir préparé l’éloge de notre belle absente devenue lointaine à nos regards, mais je vous l’assure si proche par les liens puissants de l’Amour.

Ceux qui me connaissent savent que je ne saurais me lancer dans un tel récit, car il eut fallu pour cela réserver le gîte et le couvert, ce que je n’ai donc point fait.

En effet mon esquisse sera uniquement surlignée par trois grands traits :

La simplicité acquise par sa capacité à s’émouvoir de toutes choses, ici à la vue impressionniste d’un pré parsemé de coquelicots, là ce lièvre tapé fièrement sur son pompon, affrontant d’un œil affolé les phares de sa voiture, par ici encore les oreilles d’un chevreuil qui dépassent des cultures se croyant à l’abri des regards ; n’oublions pas ce renard pressant le pas pour rentrer chez lui emportant parfois nos propres poules. Il y avait aussi ces marcassins qu’imprudemment elle aidait à remonter les talus trop hauts, ces oiseaux qu’elle tentait de sauver et pour ajouter à ce qui pouvait la tordre de colère, ces épareuses rongeant les arbres qu’elle respectait tant.

La constance dans l’oubli de soi, jamais de vacances, des projets personnels toujours repoussés sauf en trois occasions, notre mariage, la naissance de notre fille Sarah, et bien sûr, l’épreuve de la douleur finale qui a tapé comme un titan sur le cou d’un agneau pour abattre une volonté admirable.

La dernière touche à son portrait se pose avec le mot Courage qui dans sa profession d’infirmière peut porter à croire que ces êtres merveilleux ont une cuirasse faite de tendresse et de doux mensonges pour ne pas accabler le malade et le désespéré. O’ combien de fois la profondeur de ses yeux bleus a pu servir de refuge aux supplications d’un répit à défaut d’un mieux pour tant de malheureux qui n’attendent rien de meilleur qu’une fin digne, rapide ou bien encore assez sournoise pour se glisser dans un sommeil. Il y a encore une autre forme de courage qui est celle d’affronter les insultes et les violences des affligés, comme celle des mains baladeuses avides de sensations perdues. Je vais conclure ce chapitre avec une phrase qui va faire sourire une personne proche de cette assistance, voilà ce qui leur faut parfois entendre : « Je ne vais tout même pas me faire laver le cul par une espèce de femme de ménage » Et là … j’entends dans le creux de mon oreille

Papounet, tu es coquinou !!!  Au revoir ma belle, au revoir ma chérie !

Belle Éphémère

Fugace et légère, tu égayais ma lumière.
A cette vie sans flambeau , pâle lueur lucide,
Tu ravaudais des filets tissés des couleurs du vide 
Tu pansais les ailes brûlées des fiertés devenues amères.

Trop haut l'Icare sans doute approché
Ma belle éphémère, tes ailes s'y sont détachées
Au petit jour, je suis toujours là, et te porte là où tu devais me porter
Belle éphémère, enterre mon cœur à Vialère où reposent tes pensées.

Tristesse Passagère

52489046Je n’avais jamais lu ni appris ce poème d’Alfred de Musset, je le découvre aujourd’hui parfait reflet des hésitations qui écourtent les nuits, vif éclair des réponses qui fouettent et déterminent. Consoler mon cœur serait donc ce labeur,  un marbre à tailler aux  répétitions des peines et des déceptions. Libérer l’être captif qui jamais ne cille à la lueur d’une vérité mais sans jamais pouvoir l’exprimer? Ici l’œuvre dévoilée attend du passant à sa portée l’expression qu’il voudra bien lui trouver , et des pigeons sur lui posés, à lui apprendre l’humilité.

Tristesse

J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j’ai connu la Vérité,
J’ai cru que c’était une amie ;
Quand je l’ai comprise et sentie,
J’en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d’elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d’avoir quelquefois pleuré.

Alfred de MUSSET   (1810-1857)

SANCTI SIGISMUNDI DE VILERA

L’église paroissiale Saint-Sigismond à Moncrabeau

Saint Sigismond de Vialère (47)
Catégorie : église paroissiale
aire d’étude : Francescas
lieu-dit : Vialère
destinations successives : grange
époque de construction : 12e siècle ; 2e moitié 14e siècle, 1ère moitié 15e siècle
auteur(s) : maître d’œuvre inconnu
historique : L’église paroissiale de Vialère dépendait de la commanderie d’hospitaliers d’Argentens.
Le chœur pourrait dater du 12e siècle ; une baie axiale existait dans le chevet plat. Le clocher pignon occidental a été construit à la fin du Moyen Age, au 14e siècle ou au début du 15e siècle, avec une porte en arc brisé chanfreiné. Les murs de la nef ont été réparés en moellon. L’église de Vialère, désaffectée, est vendue en 1823, en même temps que celle de Riqué, pour financer les travaux de l’église de Moncrabeau.

Des tombes en pierres (sarcophages ?) ont été mises au jour à la fin du 19e siècle.

gros-œuvre : calcaire ; pierre de taille
couverture (matériau) : tuile creuse
plan : plan allongé
étages : 1 vaisseau
couverture (type) : toit à longs pans ; pignon couvert
état : vestiges
propriété privée
date protection MH :
édifice non protégé MH
type d’étude : inventaire topographique
date d’enquête : 1994
rédacteur(s) : Beschi Alain ; Meyer Delphine ; Mousset Hélène
N° notice : IA47000741© Inventaire général, 1994

Dossier consultable : service régional de l’inventaire Aquitaine
54, Rue Magendie 33074 BORDEAUX Cedex – 05.57.95.02.02

Conseil régional d’Aquitaine

Et Vertigo in Arcadia est

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Oh Grand Pan pose ta flûte, dis-moi donc sur l’instant quel est ce tambourineur ?
Il va bon train et la forêt est emplie de sons et de doux airs qui me transportent de bonheur.
Parle sincèrement, inspire-moi sans artifice, donne du corps à mes souhaits.
Si par ma condition, je n’offre suffisamment de mérite, alors ta servante je serai.
Hisses-moi, portes moi à ce vertige que je ressens.
Happes moi sous ces frondaisons, transportes mon corps si vibrant.

Miroir d’argent, gouttes de lune dont les ombres étirent le décor
Volontairement trouble, ta lumière se glisse jusqu’à ces arbres ou tout s’estompe.
Ta lumière blême m’enchaine, m’inspire et me dévore
Oh Grand Pan, lèves le rideau sur cette vie où jamais les êtres ne se trompent
Sans fard, ni vanité, l’humble y va sans raison
Aux bustes gonflés et aux mains avides, l’orgueilleux court à déraison.

Serait-ce vrai ? J’entends parler mon âme, mon cœur vient battre à cet écho.
En moi plus besoin d’esclavage, tout crie la liberté et l’appel à la vie
Plus mon amour cherche à se cacher plus il s’accroit et devient un credo
Inspire en moi franche et sincère innocence, retirant le poison de toute fourberie
Loin de moi timides artifices, et si je n’étais point éveillé
Je prie quand même pour qu’hors de mon sommeil, ce rêve soit ma réalité.

Myriades d’instruments tintent à mes oreilles, des nuées s’écoulent des voix de miel
Des poussières d’or tombent en pluie débordant des cornes du ciel
Oh Grand Pan, quel est ce royaume que je sens devoir conquérir ?
Il va bon train ce tambourineur, il marque le pas d’un monde à découvrir.
Toute à cette danse, j’entre en ce cercle de faieries
Elles sont bien là, ces fées des collines et des vastes prairies.

Près de cette onde, dans les clapots, voilà les nymphes des ruisseaux,
Gardant les lacs tranquilles, veillant aux torrents, dormant dans les trous d’eau.
Vaillant tambourineur, courant ta danse, ce peuple là ne laisse trace sous ses pieds
Fées et lutins dansent d’un pas si léger qu’aucune herbe n’est courbée
Cette ronde vagabonde délie mon cœur de mon esprit
Oh Grand Pan, ils sont si beaux, protège tes amis.

Vous, dont le passe-temps est de faire naître à minuit mousserons et rosés,
Que réjouit le son des vêpres par la nuit annoncées,
Vous dont l’évocation de l’homme vous rappelle ce qu’est la trahison
Oh fébriles et discrets amis, pour m’amender de quoi puis-je vous faire le don ?
Des hommes, je n’ai pouvoir d’ambassade, de leur pays il ne reste que l’oubli
Bientôt par leurs monuments en dommages, vous rendront ce paradis
Mes sens se mêlent et se confondent à ces folâtres esprits.
A goûter ce que je touche et sentir ce que je vois, puis à voir ce que j’entends.
Tambourineur ! Est ce là de ton charme, ton sortilège, ou de ta magie ?
Des vieux chênes jaillissent des couronnes taillées pour des géants
Des grands cèdres et des pins se défont de lumineux manteaux
Taillés dans un lin fait de lueur de nuit et de trous d’oripeaux.

Oh Grand Pan, Gardes-moi ! Ces géants m’étouffent par tant de force
Le poids de tous ces âges vient à me parler des sentinelles éternelles
Ces passeurs d’humanité qui se taisent sachant que tout recommence
Cette pierre levée du roc des origines, cette échelle tendue vers le ciel.
La poussière de mes os me clame d’où je viens et prie pour son retour
De là surgit le responsable et le digne, fatalement viendra ce jour.

Le tambourineur sonnant la fin des agapes libéra le tonnerre
Rappelant pour mémoire la peur que la lumière apporta un jour sur la terre.
Alors Pan frappant du sabot le sol d’Arcadie, ouvrit les entrailles de cette Mère
Pour que le faible et l’humble s’y réfugient transformant un espoir en prière
Enfants des hommes et des êtres de vie scellèrent ici le premier pacte
Comme on le sait aujourd’hui l’homme se perdit par cet acte.

Sitôt à la lumière, aveuglé, il perdit les yeux et créa l’excuse nommée Caïn
Pour marquer sa mémoire perdue, de la glaise créa une image de Divin.
Oubliant les frères cachés sous la terre à qui il promit son retour,
Les rangea dans sa mémoire parmi les spectres et les mauvais tours
Seule Psyché témoigne de la beauté de l’âme qui revient s’unir au corps
Noble Pan, je te rends grâce d’avoir pour moi levé le voile sur ce décor.

Oh fidèles et discrets amis, pour m’amender de quoi puis-je vous faire le don ?
Mettre à la lumière mes spectres et mes mauvais tours
Esclave ne peut rester, la liberté m’a rendue capable de demander pardon
Prince d’Arcadie protèges nos amis jusqu’aux fêtes du retour.

… Divin Pan, veille sur mes peurs…
… Quant à toi Tambourineur, fais bien battre mon Cœur …

Dulcia de Vilera

DOUCE DE VIALERE

Présence à l’Absent

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Posée à ma fenêtre, je contemple l’absent
Une sourde requête, lui consacrer cet instant.
Sans acte et sans regard pour accrocher le monde
Silencieuse et discrète, je me glisse hors des ombres

Plus loin que le pas d’un regard, qu’un jet de l’esprit
Aux lueurs des rives humaines, te voilà mon Ami.
Par toi je cherche ma vie et quitte une froide retraite
Mon doux ami En toi vise ma quête

J’ai croisé un morceau de temps, si joyeux et si mobile

J’ai croisé un morceau de temps si courtois et si docile

Il y eut des bouts de temps passés, froissés et inutiles
Comme des bouts de temps pliés, cachés et habiles

Que ce temps passe sans fuir et sans question
Ni se retourne ni s’oppose, sans paix et sans passion

 

Dulcia de Vilera

Demain est une promesse que je cajole

2 Janvier 2016

à toi Michel Delpech – Salut l’Artiste !

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Hier soir encore je trinquais avec toi
Calant par jeu nos regards que la vie anime
Je lisais dans tes pupilles la lueur qui enflamme
L’étincelle que l’on décèle pour y caresser une âme.
Certain de te revoir alors que tu n’étais pas de là
J’inventais une promesse, celle que pourtant tu ne fis pas

Appuyé sur des certitudes,
Bien calé sur mes habitudes
Demain sera là pour sûr,
Demain est un ami sûr

Hier soir encore, j’ai croisé ton regard
J’ai vu mon reflet dans tes mutins miroirs
Mes bras forts autour de ta taille, je tenais la vie
Valse ronde tourne le monde, pour que valse la vie
Mon corps vibre de mille torrents gonflés de joie
Goûtant à cette promesse que pourtant tu ne me fis pas

Appuyé sur des certitudes,
Bien calé sur mes habitudes
Demain ne peut pas partir
Il ne sait faire que venir

Partout ce matin, j’ai cherché ton regard
Plus de reflet, plus d’éclat dans tes miroirs
L’amour dont je t’inonde n’a pas créé ces larmes
Trinquez à la vie et goûtez ses tumultueux vacarmes
Plus de promesse à venir, plus de corps pour tenir
Mais tant d’amour à donner, tant de lumière à partager

Je vous lègue mes certitudes,
Ne croyez pas aux habitudes
Demain peut toujours partir
Il est simple devenir

Maintenant je reviens
Je reviens vers vous

Dulcia de Vilera

DOUCE DE VIALERE

Le Sablier

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Fichier son en dessous

Le Sablier

Sur la paroi de verre de mon sablier
Le dernier grain de sable vient de s’accrocher
Croyant à un message de l’éternité
Que j’en oubliais même de respirer

J’entends clamer ici, voici la fin des temps
Et si c’est un répit qu’y mettrais-tu dedans ?
Figé dans ce débat je n’osais plus un geste
De peur que ce grain là, vienne causer ma perte

Sur la paroi de verre de mon sablier
Le dernier grain de sable vient de s’agripper
Croyant à un message de l’éternité
Que j’en oubliais même de respirer

J’entends encore ici, fallait compter ces grains
Tu aurais pu ainsi compter tes lendemains
Figé dans ce débat je n’osais plus un geste
De peur que ce grain là soit bien le seul qui reste

Sur la paroi de verre de mon sablier
Le dernier grain de sable vient de se bloquer
Croyant à un message de l’éternité
Que j’en oubliais même de respirer

Faut-il encore te dire comment les retenir ?
Car vivre doucement fait lentement vieillir

Sur la paroi de verre de mon sablier
Le dernier grain de sable vient de se coller
Croyant à un message de l’éternité
Que j’en oubliais même de respirer

Perdu dans ces débats j’en étais retourné
Et là m’est apparu un autre sablier
Et si ma foi la vie, un tour voulait jouer
Ce serait mon ami, un tour de sablier

Sur la paroi de verre de mon sablier
Le dernier grain de sable vient de s’écouler
Croyant à un message de ma destinée
Je l’ai pris dans mes mains pour le retourner

Création artistique et musicale SOHAM

Auteur : Didier CALLEMART

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