Et Vertigo in Arcadia est

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Oh Grand Pan pose ta flûte, dis-moi donc sur l’instant quel est ce tambourineur ?
Il va bon train et la forêt est emplie de sons et de doux airs qui me transportent de bonheur.
Parle sincèrement, inspire-moi sans artifice, donne du corps à mes souhaits.
Si par ma condition, je n’offre suffisamment de mérite, alors ta servante je serai.
Hisses-moi, portes moi à ce vertige que je ressens.
Happes moi sous ces frondaisons, transportes mon corps si vibrant.

Miroir d’argent, gouttes de lune dont les ombres étirent le décor
Volontairement trouble, ta lumière se glisse jusqu’à ces arbres ou tout s’estompe.
Ta lumière blême m’enchaine, m’inspire et me dévore
Oh Grand Pan, lèves le rideau sur cette vie où jamais les êtres ne se trompent
Sans fard, ni vanité, l’humble y va sans raison
Aux bustes gonflés et aux mains avides, l’orgueilleux court à déraison.

Serait-ce vrai ? J’entends parler mon âme, mon cœur vient battre à cet écho.
En moi plus besoin d’esclavage, tout crie la liberté et l’appel à la vie
Plus mon amour cherche à se cacher plus il s’accroit et devient un credo
Inspire en moi franche et sincère innocence, retirant le poison de toute fourberie
Loin de moi timides artifices, et si je n’étais point éveillé
Je prie quand même pour qu’hors de mon sommeil, ce rêve soit ma réalité.

Myriades d’instruments tintent à mes oreilles, des nuées s’écoulent des voix de miel
Des poussières d’or tombent en pluie débordant des cornes du ciel
Oh Grand Pan, quel est ce royaume que je sens devoir conquérir ?
Il va bon train ce tambourineur, il marque le pas d’un monde à découvrir.
Toute à cette danse, j’entre en ce cercle de faieries
Elles sont bien là, ces fées des collines et des vastes prairies.

Près de cette onde, dans les clapots, voilà les nymphes des ruisseaux,
Gardant les lacs tranquilles, veillant aux torrents, dormant dans les trous d’eau.
Vaillant tambourineur, courant ta danse, ce peuple là ne laisse trace sous ses pieds
Fées et lutins dansent d’un pas si léger qu’aucune herbe n’est courbée
Cette ronde vagabonde délie mon cœur de mon esprit
Oh Grand Pan, ils sont si beaux, protège tes amis.

Vous, dont le passe-temps est de faire naître à minuit mousserons et rosés,
Que réjouit le son des vêpres par la nuit annoncées,
Vous dont l’évocation de l’homme vous rappelle ce qu’est la trahison
Oh fébriles et discrets amis, pour m’amender de quoi puis-je vous faire le don ?
Des hommes, je n’ai pouvoir d’ambassade, de leur pays il ne reste que l’oubli
Bientôt par leurs monuments en dommages, vous rendront ce paradis
Mes sens se mêlent et se confondent à ces folâtres esprits.
A goûter ce que je touche et sentir ce que je vois, puis à voir ce que j’entends.
Tambourineur ! Est ce là de ton charme, ton sortilège, ou de ta magie ?
Des vieux chênes jaillissent des couronnes taillées pour des géants
Des grands cèdres et des pins se défont de lumineux manteaux
Taillés dans un lin fait de lueur de nuit et de trous d’oripeaux.

Oh Grand Pan, Gardes-moi ! Ces géants m’étouffent par tant de force
Le poids de tous ces âges vient à me parler des sentinelles éternelles
Ces passeurs d’humanité qui se taisent sachant que tout recommence
Cette pierre levée du roc des origines, cette échelle tendue vers le ciel.
La poussière de mes os me clame d’où je viens et prie pour son retour
De là surgit le responsable et le digne, fatalement viendra ce jour.

Le tambourineur sonnant la fin des agapes libéra le tonnerre
Rappelant pour mémoire la peur que la lumière apporta un jour sur la terre.
Alors Pan frappant du sabot le sol d’Arcadie, ouvrit les entrailles de cette Mère
Pour que le faible et l’humble s’y réfugient transformant un espoir en prière
Enfants des hommes et des êtres de vie scellèrent ici le premier pacte
Comme on le sait aujourd’hui l’homme se perdit par cet acte.

Sitôt à la lumière, aveuglé, il perdit les yeux et créa l’excuse nommée Caïn
Pour marquer sa mémoire perdue, de la glaise créa une image de Divin.
Oubliant les frères cachés sous la terre à qui il promit son retour,
Les rangea dans sa mémoire parmi les spectres et les mauvais tours
Seule Psyché témoigne de la beauté de l’âme qui revient s’unir au corps
Noble Pan, je te rends grâce d’avoir pour moi levé le voile sur ce décor.

Oh fidèles et discrets amis, pour m’amender de quoi puis-je vous faire le don ?
Mettre à la lumière mes spectres et mes mauvais tours
Esclave ne peut rester, la liberté m’a rendue capable de demander pardon
Prince d’Arcadie protèges nos amis jusqu’aux fêtes du retour.

… Divin Pan, veille sur mes peurs…
… Quant à toi Tambourineur, fais bien battre mon Cœur …

Dulcia de Vilera

DOUCE DE VIALERE

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