Tristesse Passagère

52489046Je n’avais jamais lu ni appris ce poème d’Alfred de Musset, je le découvre aujourd’hui parfait reflet des hésitations qui écourtent les nuits, vif éclair des réponses qui fouettent et déterminent. Consoler mon cœur serait donc ce labeur,  un marbre à tailler aux  répétitions des peines et des déceptions. Libérer l’être captif qui jamais ne cille à la lueur d’une vérité mais sans jamais pouvoir l’exprimer? Ici l’œuvre dévoilée attend du passant à sa portée l’expression qu’il voudra bien lui trouver , et des pigeons sur lui posés, à lui apprendre l’humilité.

Tristesse

J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j’ai connu la Vérité,
J’ai cru que c’était une amie ;
Quand je l’ai comprise et sentie,
J’en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d’elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d’avoir quelquefois pleuré.

Alfred de MUSSET   (1810-1857)

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